Après 4 mois passés en Indonésie, alors que nous nous préparons à nous embarquer dans une nouvelle aventure en Nouvelle-Zélande, il est temps pour nous de faire le bilan. Entre notre découverte fabuleuse de la plongée qui nous aura presque fait vivre un rêve bleu dans les fonds marins magiques du pays, et notre désarroi face à la pollution plastique presque cauchemardesque que l’on a pu constater sur place, c’est un bilan très partagé que l’on vous propose, mais un ressenti qui a le mérite d’être honnête.

Récapitulatif de notre itinéraire en Indonésie

Chiffres clés de notre passage en Indonésie

  • 8 îles visitées (Bali, Lombok, Gili Air, Gili Gede, Nusa Penida, Sulawesi, Bunaken, Togian)
  • 12h30 passées sous l’eau à l’occasion de 16 plongées
  • 500 km en scooter
  • 4 visas de 30 jours (2 VOA renouvelés 2 fois)
  • 5730 € de budget à 2 en 121 jours – 4 mois (dont 1480 € de budget plongée) soit en moyenne 23 € par jour et par personne

Ce que l’on a préféré en Indonésie ?

Notre découverte des fonds marins à travers le snorkeling, et surtout la plongée sous-marine que nous n’avions jamais essayée jusque là ! Notre baptême de plongée à Amed, et le passage de notre certification PADI Open Water à Nusa Penida sont deux expériences inoubliables qui auront marqué notre voyage en Indonésie.

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Ce que l’on a moins aimé en Indonésie ?

Notre désarroi face à la problématique des déchets sur place. C’est hélas une réalité à laquelle nous avions été confrontés à plusieurs reprises lors de notre tour du monde, ailleurs en Asie ou en Amérique du Sud, mais ce que nous avons vu en Indonésie dépasse de loin ce qu’on avait pu voir ailleurs. Les déchets plastique envahissent les plages, la campagne et les villages à de très nombreux endroits. Il n’existe aucune politique en matière de gestion des déchets (ou si c’est ce le cas, il s’agit manifestement de mesures inefficaces ou très insuffisantes), et la population n’est absolument pas sensibilisée à la problématique, ni aux comportements responsables en la matière. Combien de fois a-t-on pu malheureusement voir des gens jeter leurs déchets par la fenêtre alors que nous étions en voiture ou par-dessus bord lorsque nous étions en bateau ?

Avec ça, le suremballage et l’utilisation immodérée de sacs plastiques n’aident pas … Il n’est en effet pas rare de voir les vendeurs de rue ou les caissières au supermarché proposer quasiment un sac plastique par produit à leurs clients, même pour un simple paquet de gâteau ! Si la plupart des endroits que nous avons pu visiter sur l’île de Bali semble plutôt épargné, c’est un problème que l’on peut en revanche constater très largement sur Lombok et en Sulawesi. Afin d’éviter au maximum de contribuer au problème (même s’il nous paraît hélas impossible de réduire à néant son impact en la matière rien que par notre simple présence), nous avons fait en sorte de réduire autant que possible notre consommation de plastique sur place, en refusant les pailles quand nous commandions des boissons (il est possible d’acheter des pailles en bambou réutilisable sur place pour trois fois rien), en refusant les sacs plastiques lors de nos achats, et en évitant également au maximum d’acheter de l’eau en bouteille plastique (ou pire en gobelets en plastique individuel, le format le plus aberrant qui existe, proposé quasi exclusivement en Indonésie).

Ce que l’on aimerait y découvrir d’autre ?

Si le gouvernement indonésien ne prend pas ses responsabilités sur la problématique des déchets plastiques, ce n’est pas certain que l’on décide de remettre les pieds en Indonésie … Mais si toutefois c’était le cas, ce serait un plaisir d’explorer les lieux que nous n’avons pas pris le temps de découvrir sur Nusa Penida, mais aussi de plonger autour de Gili Air et Gili Meno, où nous avons fait uniquement du snorkeling. Les volcans de Java, le Mont Agung à Bali, et le Mont Rinjani sur Lombok, sont aussi des sommets dont l’ascension nous tenterait bien !

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Notre meilleur moment ?

Notre première rencontre avec une tortue, alors que nous faisions du snorkeling sur Gili Air, mais aussi notre baptême de plongée à Amed, et notre succès à l’examen final du niveau PADI Open Water à Nusa Penida !

Notre pire moment ?

Nos quelques heures passées sur Gili Gede, une petite île au sud de Lombok. Alors que nous pensions y rester 2 nuits au moins, nous avons eu envie de repartir à peine le pied posé sur cette île. Malgré le peu d’habitants qui y est installé, Gili Gede est une véritable décharge ! Ses plages auraient pu être paradisiaques si elles n’étaient pas recouvertes de déchets en tout genre, et ses eaux bleu turquoise auraient pu être les plus belles pour se baigner s’il n’y flottaient pas par centaines des bouteilles et autres détritus douteux … Au final, face à ce triste et révoltant constat qui nous aura toutefois permis d’en apprendre plus sur le problème en discutant avec un habitant de l’île, nous ne serons même pas restés 24h sur place. Après une nuit passée sur l’ile, nous grimpions dans le bateau de retour pour Lombok, le cœur brisé …

A garder pour chez nous ?

Toutes les recettes délicieuses à base de tempeh, cette spécialité indonésienne fabriquée à partir de graines de soja fermentées que l’on peut trouver en boutique bio en France, mais aussi le gado-gado, les pisang goreng, le nasi goreng, les mangoustans, et tout ce qui a fait le bonheur de nos papilles pendant 4 mois ! Et puis évidemment, tout ce que l’on a pu apprendre avec la plongée, à pratiquer sans modération !

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Un pays à recommander ?

Pour être honnête, la problématique des déchets est telle que nous hésitons à répondre positivement à cette question. C’est fort regrettable, mais ça peut être un choix tout à fait défendable selon nous d’éviter ce pays pour refuser de contribuer au problème de la pollution plastique des océans et des terres. Un vrai mouvement en ce sens pourrait peut-être forcer le gouvernement Indonésien à prendre ses responsabilités en la matière pour apporter ne serait-ce qu’un début de solution au problème (éducation, service public de collecte des déchets, …) ? Pour autant, cela reste un pays que nous avons apprécié, notamment pour ses belles rizières et la richesse de ses fonds marins. Aussi, bien qu’il paraît malgré tout parfaitement possible de visiter certaines parties de l’Indonésie sans trop prêter attention à ce problème, en particulier sur des simples vacances de quelques semaines, nous sommes un peu partagés sur la réponse.

En définitive, nous recommandons malgré tout Bali, Nusa Penida et Gili Air, qui sont certes parmi les îles les plus touristiques du pays, mais où le ramassage des déchets s’organise a minima, et où la communauté d’expatriés encourage également la mise en œuvre de solutions alternatives durables en matière de produits et services à destination des touristes. Pour ce qui est de Lombok et de la Sulawesi, bien qu’il y ait de très belles expériences de voyage à y vivre également, nous pensons que le problème des déchets y est trop important pour les recommander. Mais ce n’est que notre avis, et il n’est pas à prendre comme une vérité absolue. D’autres voyageurs peuvent louer sans mesure ces destinations sans même évoquer cette problématique, mais il nous semble important pour notre part de vous donner notre avis le plus fidèlement possible. Dans tous les cas, l’Indonésie est une destination que nous recommandons avant tout pour les adeptes de plongée et de snorkeling.

En vrac, quelques éléments qui nous ont marqués

La différence entre la très touristique Bali et les autres îles de l’Indonésie nous a semblé très nette ! Du fait de la présence plus importante de touristes, sans doute, mais aussi et surtout d’un point de vue culturel. Bali étant une enclave hindouiste au sein d’un pays majoritairement musulman, son architecture, en particulier celle des temples, est manifestement unique en Indonésie, ainsi que les pratiques religieuses très présentes avec les quotidiennes offrandes de fleurs qui décorent les moindres recoins de l’île, ainsi que les fréquentes cérémonies qui bloquent parfois la circulation et égayent les villages tout en musique !

Nous avons aussi été étonnés de constater l’importance de la communauté d’expats à Ubud. Beaucoup d’occidentaux viennent s’y installer à l’année, et on comprend pourquoi ! Au cœur des plus belles rizières de Bali, il est très facile de trouver un petit paradis où s’installer pour un bon moment, tout en conservant un excellent niveau de vie, sans y débourser pour autant une fortune. Le marché de la location de villas avec ou sans piscine permet de se dégoter un petit cocon à Ubud pour une bouchée de pain (il y en a pour tous les budgets évidemment !), et le coût de la vie y est très bas mais confortable. Entre les marchés locaux et les supermarchés (qui se font pourtant rares ailleurs en Asie), c’est très facile de trouver de quoi cuisiner pour quelques centimes par jour, et les nombreux restaurants locaux sont d’excellentes qualité tout en étant très accessibles, à raison de 2 à 4 € le plat en moyenne ! De plus, il est très facile de louer un scooter sur place pour pas grand chose, et le prix de l’essence est loin de vous ruiner. En bref, c’est un petit paradis caché.

Dans un registre un peu différent, nous avons été surpris par la musique en Sulawesi. Non non, on ne vous parle pas ici de musique locale et typique, mais plutôt d’une sorte de bruit assourdissant au croisement entre la techno et la musique de jeu vidéo des années 90 style Super Mario Kart. Vous vous rappelez de la musique tellement agaçante et entêtante de Crazy Frog ? Ben c’est pire ! D’autant plus que les locaux adorent faire crier leurs hauts-parleurs gigantesques aux basses saturées, aussi bien dans leur voiture, que dans leur maison, y compris dans les villages sur pilotis où ils vivent avec trois fois rien … Et tout cela, toute la journée (et parfois la nuit) durant évidemment, ce serait pas drôle sinon ! Ahah …

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Mais pour finir sur une touche plus positive, vous l’aurez compris, notre expérience de la plongée en Indonésie nous a particulièrement marqués ! Si notre recommandation à visiter ce pays reste un peu hésitante du fait de la problématique des déchets, c’est peut-être malgré tout l’un des plus beaux endroits de la planète pour découvrir la beauté des fonds marins. Entre la diversité incroyable de coraux et le panel impressionnant de poissons, on découvre de nouvelles choses à chaque plongée, et on en prend pleins les yeux !

Notre bilan de l’Indonésie : rêve bleu ou cauchemar plastique ?
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A propos de l’auteur Caroline & Jairson

À deux, nous parcourons le monde, motivés par notre passion pour le trek, la photographie, et les découvertes culinaires en voyage. Notre objectif : partager avec vous nos expériences autour du globe, pour vous aider à organiser votre prochain départ et vous montrer que le voyage est accessible à tous !

(2 commentaires)

    1. Eh oui, c’est vrai que la tendance est plutôt à idéaliser un peu tout en voyage, et se montrer toujours au beau fixe, partout et en tout temps … Pourtant quand on voyage, on sait très bien que tout n’est pas toujours parfait. Ca nous semble important de le dire, et de ne pas faire l’impasse sur ces éléments parfois certes un peu négatifs, mais qui font partie du voyage :-) Merci pour ces encouragements en tout cas, et merci pour ce partage sur la Colombie !

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